Le Conseil National de Lutte contre le Sida et les IST (CNLS-IST) a rendu publics les résultats du rapport REDES 2025, document de référence qui retrace les flux de financement et les dépenses engagées dans la riposte nationale contre le VIH/Sida au Togo.
Le rapport révèle qu’en 2025, les dépenses totales consacrées à la lutte contre le VIH/Sida au Togo s’élèvent à 19,37 milliards de FCFA. Ce montant représente un taux de mobilisation de 65 % des besoins prévus dans le cadre du Plan Stratégique National (PSN) 2023-2026, dont les besoins globaux sont estimés à près de 29,9 milliards de FCFA.
L’analyse des ressources mobilisées montre que la riposte nationale demeure fortement dépendante des financements extérieurs. Ceux-ci représentent 86,48 % des ressources mobilisées, soit environ 16,75 milliards de FCFA, contre 13,52 % pour les financements domestiques évalués à 2,62 milliards de FCFA.
Parmi les partenaires internationaux, le principal bailleur reste le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, avec une contribution estimée à plus de 11,53 milliards de FCFA, représentant à lui seul près de 94 % des financements multilatéraux.
Le Gouvernement des États-Unis, à travers le programme PEPFAR/USAID, a également mobilisé plus de 3,3 milliards de FCFA, soit environ 87 % des financements bilatéraux enregistrés en 2025.
D’autres partenaires techniques et financiers participent également au soutien de la riposte nationale, notamment le Gouvernement français, l’UNFPA, l’ONUSIDA, l’UNICEF ainsi que plusieurs organisations internationales et ONG partenaires intervenant dans la lutte contre le VIH/Sida.
S’agissant des ressources domestiques, l’État togolais poursuit ses efforts de financement. Les fonds publics représentent 71,19 % des ressources nationales, soit environ 1,86 milliard de FCFA. Une part importante de cette contribution est destinée à l’achat des antirétroviraux (ARV) et des intrants médicaux nécessaires à la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Depuis plusieurs années, l’État maintient une allocation annuelle d’environ 1,5 milliard de FCFA pour l’acquisition des ARV.
Les financements privés domestiques représentent quant à eux 28,81 % des ressources nationales. Ils proviennent principalement des ménages, des organisations communautaires et des associations nationales engagées dans la lutte contre le Sida.
Le rapport REDES 2025 indique également que les ressources mobilisées ont été prioritairement orientées vers les soins et traitements, qui absorbent 51 % des dépenses totales. La gestion des programmes et le renforcement des systèmes représentent 35 % des dépenses, tandis que la prévention bénéficie de 7 % des financements. Le conseil et dépistage mobilisent 5 % des ressources et la protection sociale ainsi que les synergies de développement représentent 2 %.
Les personnes vivant avec le VIH demeurent les principales bénéficiaires des investissements réalisés, avec 56 % des dépenses totales consacrées à leur prise en charge.
Le document souligne qu’après une baisse importante des financements observée entre 2023 et 2024, notamment liée au démarrage de la nouvelle subvention du Fonds mondial et à certaines contraintes de décaissement, les ressources mobilisées en 2025 ont enregistré une légère reprise, malgré un contexte international marqué par la réduction de certains financements américains.
Pour 2026, plusieurs défis restent à relever, notamment la sécurisation de financements durables face à la diminution progressive des appuis extérieurs. Le CNLS-IST entend ainsi renforcer le plaidoyer en faveur d’une augmentation des financements domestiques, d’une implication accrue du secteur privé national et de la pérennisation des interventions communautaires afin de garantir la continuité des services de prévention, de dépistage et de traitement du VIH.

Les autorités sanitaires réaffirment enfin leur engagement à poursuivre les efforts en vue d’atteindre les objectifs 95-95-95 de l’ONUSIDA et de contribuer à l’atteinte de l’Objectif de Développement Durable 3, qui vise à mettre fin au Sida comme menace de santé publique à l’horizon 2030.








