Alors que la consommation du tabac recule progressivement au Togo, les autorités sanitaires restent en alerte face à la menace de l’exposition à la fumée de tabac et la progression du tabagisme chez les jeunes. C’est dans cette dynamique qu’une vingtaine d’acteurs engagés dans la lutte contre les produits psychoactifs ont pris part, le jeudi 11 juin à Tsévié, à une session de sensibilisation consacrée à la lutte antitabac et au commerce illicite des produits du tabac.
Initiée par le Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP), avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette rencontre a réuni des professionnels des médias, des responsables sanitaires ainsi que des points focaux de la promotion de la santé de la région Maritime. L’objectif est clair : harmoniser les connaissances des acteurs de terrain et renforcer leur implication dans les actions de prévention.
Au cœur des échanges figuraient les conséquences sanitaires du tabac, les dangers liés au commerce illicite des produits du tabac, les dispositifs de communication disponibles ainsi que le rôle stratégique des médias dans la sensibilisation des populations. Les participants ont également été informés des dispositions légales en vigueur au Togo. La loi du 31 décembre 2010 interdit notamment la vente de produits du tabac aux mineurs, leur implication dans la commercialisation de ces produits ainsi que la consommation du tabac dans les lieux publics et professionnels. De son côté, la loi de finances de 2013 impose un marquage fiscal unique sur tous les produits du tabac afin de garantir leur traçabilité sur le territoire national.
Selon les données présentées, la prévalence du tabagisme au Togo est passée de 8,5 % en 2010 à 5 % en 2021. C’est un résultat encourageant qui ne doit cependant pas masquer les défis actuels, notamment la hausse de la consommation chez les adolescents et les jeunes en milieu scolaire et urbain. Pour le coordonnateur national du PNAPP, le Professeur Balaka Abago, les médias constituent un maillon essentiel de cette stratégie.
« Nous avons besoin des médias pour diffuser largement les informations », a-t-il souligné, annonçant une prochaine phase tournée vers les populations vulnérables avant le renforcement des actions de répression.
« Un citoyen lambda doit savoir que la République togolaise a pris des mesures pour protéger la population en général, et les jeunes en particulier. Donc au Togo, il est interdit de fumer dans les lieux publics. Il est interdit qu’un enfant achète le tabac ou les produits du tabac. Il est interdit à un enfant de fumer. Au Togo, on ne doit pas faire la publicité du tabac, donc s’il y a une commerçante du quartier qui expose ses marchandises du tabac à côté des autres marchandises telles les bonbons, ça va attirer les jeunes, donc ça, c’est prohibé. On ne doit pas accepter ça. » a-t-il ajouté.
L’OMS a, pour sa part, salué cette initiative et exhorté les participants à devenir de véritables relais de sensibilisation dans leurs communautés.







