Le peuple Guin-Mina a célébré ce jeudi la 362ᵉ édition de l’Épé-Ekpé, la prise annuelle de la pierre sacrée, qui marque le début de la nouvelle année traditionnelle. Devant des milliers de fidèles et de curieux rassemblés à Glidji-Kpodji, la pierre révélée cette année est de couleur blanche-sale, un signe interprété comme un appel à l’harmonie et au vivre-ensemble.

Selon les dignitaires traditionnels, la pierre transmet plusieurs recommandations : respecter la propriété d’autrui, renoncer à la convoitise et à l’adultère, consolider les liens de fraternité et d’amitié, abandonner les avortements et éviter les malédictions ou nuisances envers autrui.
Pour les prêtres, ces injonctions s’accompagnent d’une promesse : les troubles observés dans d’autres pays n’affecteront pas le Togo, si ces prescriptions sont respectées.
Depuis 1663, ce rituel ancestral rythme la vie culturelle et religieuse des Guin-Mina. La révélation de la pierre est précédée de prières, de chants et de purifications. Cette année encore, les prêtres vodou Ata Sakumo, Na Bossromafli et Mama Koley ont appelé à la paix, à la prospérité et à la cohésion sociale.
Le porte-parole Gê Fio Togbé Kankoé HANVI-PLI VIII a rappelé que l’Épé-Ekpé n’est « pas du folklore » mais un héritage unique à préserver. De son côté, le ministre des droits de l’homme, Pacôpe Adjrodouvi, représentant le Président du Conseil, a insisté sur la nécessité pour le peuple Guin-Mina de « reconquérir son histoire », saluant la résilience d’une tradition plusieurs fois centenaire.
Au-delà des rituels et de la ferveur, Épé-Ekpé demeure un repère spirituel et identitaire pour le peuple Guin-Mina et, plus largement, pour la nation togolaise. Cette édition 2025, placée sous le signe du blanc-sale, réaffirme l’importance de l’unité et du respect mutuel dans la préservation de la paix.








