Quatre ans après avoir annoncé sa retraite du monde des affaires pour se consacrer au social, Matthias Latta (KEL) revient avec un nouveau projet : la sortie du premier tome d’une trilogie autobiographique. Dans cet entretien exclusif, il revient sur son histoire, sa relation complexe avec son géniteur, et sa vision pour l’avenir.

« Je donne cette interview pour annoncer la sortie de mon premier livre »
Dès l’entame, Matthias Latta tient à exprimer sa gratitude :
« Qu’il me soit permis de rendre Grâce à DIEU qui permet cet instant. »
Il confirme ensuite le motif de sa présence :
« Oui, je donne cette interview pour annoncer la sortie prochaine du premier d’une série de trois livres que je prépare. »
Une identité reconstruite
Interrogé sur sa présentation personnelle, LATTA revient sur un cheminement intime :
« Selon mon acte de naissance, je m’appelais LATTA Kokou Essotina Gnama. Face au poids de cet héritage, j’ai entrepris une profonde transformation. Kokou est devenu Kristopher, Gnama est devenu Gérard, et j’ai ajouté Matthias. »
Il confie avoir voulu aller plus loin encore :
« J’ai même envisagé de changer le nom de famille LATTA en De LATTE. On me l’a déconseillé. »
« J’ai été abandonné. Ce livre explique pourquoi j’ai voulu changer de nom »
Sur la question sensible de son changement de prénoms, il répond sans détour :
« J’étais en rage contre mon géniteur. Il m’a abandonné à un moment crucial. Lorsque j’étais étudiant en France, je n’ai jamais reçu un seul centime de sa part. J’ai vécu la faim, la rue, j’ai été SDF à trois reprises. »
Il ajoute :
« Beaucoup pensaient que sa fortune et son réseau me serviraient de tremplin. La réalité fut l’inverse. Ce livre raconte ces raisons en détail. »

Titre du livre : « Mon Chemin, Ma Vérité, Ma Vie »
L’auteur explique ce choix :
« C’est mon histoire : celle d’un fils abandonné, d’un homme qui a refusé de se laisser abattre. C’est une histoire de résilience, de foi, de grâce. »
« Le mythe de l’héritier doit cesser »
Sur les préjugés liant sa réussite à celle de son père, ancien Ministre et Directeur Général, il répond fermement :
« C’est un mythe. Non seulement il ne m’a jamais aidé, mais il a parfois été un obstacle. Pendant ses 22 ans à l’ANAC, ses années à la SALT, à Togo Telecom… je n’ai jamais obtenu un marché, même pas pour livrer des stylos. »
Il raconte même une arnaque liée au marché de l’entretien de l’ANAC :
« Ce marché n’était pas à moi, mais attribué à un certain Kpassira qui m’a arnaqué de plusieurs dizaines de millions. »
Il poursuit :
« Et pendant qu’il dirigeait l’ANAC et la SALT, je devais payer pour passer au salon VIP de l’aéroport sous son autorité. »
Pourquoi raconter tout cela maintenant ?
LATTA justifie sa démarche :
« Mon silence était motivé par la peur de salir son image. Mais la Parole de DIEU dit qu’il y a un temps pour parler. Ce temps est arrivé. Il vaut mieux écrire ce livre de son vivant : il pourra répondre si ma vérité diffère de la sienne. »
Un récit ni accusatoire, ni vengeur
« Qui suis-je pour juger mon géniteur ? Ce livre n’est ni une condamnation, ni une vengeance. C’est une thérapie et un témoignage de foi. »
Il affirme vouloir encourager tous ceux qui souffrent :
« À ceux rejetés, abandonnés, découragés : vous pouvez réussir. DIEU est avec vous. »
La réussite selon Matthias LATTA : « Je veux rendre à DIEU ce qui revient à DIEU »
Il insiste :
« Ma réussite est l’œuvre de DIEU, passée par des personnes providentielles que j’appelle les destiny-helpers. »
Il cite parmi eux :
« Le Président du Conseil, des autorités militaires, des civils, des anonymes, même des étrangers… »

Le rôle du Président du Conseil : “Il m’a sauvé la vie”
LATTA revient sur un épisode marquant de 2010 :
« J’étais dépressif, avec des envies suicidaires, suite à une affaire avec Air Maroc. Certaines hautes personnalités togolaises s’étaient rangées contre moi, et mon géniteur ne faisait rien. »
Selon lui, l’intervention d’un Général a alerté le Président du Conseil qui aurait alors agi :
« Il m’a apporté une aide financière qui a non seulement résolu mes problèmes en France, mais a sauvé ma vie. »
Il révèle :
« Mon géniteur est allé demander à ce Général de ne pas intervenir. »
Politique : “Je ne serai jamais opposant au Président du Conseil”
Interrogé sur une éventuelle ambition politique, Matthias LATTA s’en remet d’abord à sa foi :
« Si c’est la volonté de DIEU que je fasse la politique, il en sera ainsi. »
Mais il affirme clairement :
« Par reconnaissance et par crainte de DIEU, je ne serai jamais opposant au Président du Conseil. DIEU nous demande d’honorer les autorités. »
Pour lui, faire de la politique consisterait avant tout à :
« amener la crainte de DIEU dans la politique »,
« promouvoir l’amour du prochain »,
« proposer des idées nouvelles pour le bien des Togolais »,
« éduquer sur le respect de la Constitution et des autorités ».
La parution du livre
« Plaise à DIEU, le livre sortira bientôt. L’attente en vaudra la peine. »
Mot de fin : un message fort aux orphelins et aux blessés de la vie
Matthias LATTA conclut avec une annonce :
« Tous les bénéfices de mes livres seront reversés aux orphelinats. Mon histoire, commencée par l’abandon, servira désormais à soutenir ceux qui vivent la même douleur. »
Et un message d’espérance :
« Votre passé ne définit pas votre futur. Les épreuves sont souvent le prélude à la gloire. Que DIEU vous bénisse. »








