Face au départ massif de ses ressortissants des zones aurifères de Guinée, le gouvernement burkinabè mobilise une délégation pour leur porter assistance et organiser leur retour au pays dans « la dignité et la décence ».
Le Burkina Faso engage une opération d’urgence pour venir en aide à plusieurs milliers de ses ressortissants ayant quitté les zones d’exploitation minière artisanale en Guinée. Une délégation gouvernementale est allée à Bamako ce mercredi 4 novembre 2026, pour évaluer leur situation et de faciliter leur rapatriement.

L’information a été rapportée mardi 3 novembre par l’Agence d’information du Burkina (AIB), citant une source gouvernementale.
Selon les informations disponibles, ces départs font suite à la suspension de l’orpaillage artisanal et au renforcement des opérations de contrôle dans plusieurs zones aurifères de Haute-Guinée. De nombreux travailleurs burkinabè se retrouvent ainsi privés de leurs moyens de subsistance et contraints de quitter les sites miniers.
Bamako, point de passage du retour
La capitale malienne constitue une étape stratégique pour l’organisation du retour des ressortissants burkinabè.
En raison de sa position géographique et des dispositifs de représentation diplomatique, Bamako sert de point de regroupement pour les personnes ayant quitté la Guinée. L’ambassade du Burkina Faso au Mali assure également la représentation diplomatique auprès de Conakry.
Des arrivées de ressortissants burkinabè ont été signalées dans la capitale malienne, notamment aux abords de l’ancien hôtel Sheraton. Des familles, des groupes de voyageurs et des personnes transportant leurs effets personnels convergent vers les services consulaires pour solliciter une assistance et des documents de voyage.
La mission gouvernementale a notamment identifié les ressortissants concernés, évalué leurs besoins urgents en matière d’hébergement et de santé et mis en place un dispositif de transport sécurisé vers le Burkina Faso.
La suspension de l’orpaillage à l’origine des départs
La situation trouve son origine dans les opérations de contrôle et de sécurisation menées dans plusieurs zones minières guinéennes, notamment à Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda.
Depuis le 29 octobre, la suspension de l’orpaillage artisanal et les opérations engagées par les autorités ont entraîné la destruction de certaines installations d’exploitation.
Conakry justifie ces mesures par la nécessité de renforcer les contrôles administratifs sur le séjour des étrangers et de lutter contre l’exploitation minière illégale.
Toutefois, la perte brutale de leurs moyens de subsistance a poussé de nombreux travailleurs burkinabè à quitter les sites miniers. Selon les informations rapportées, près de 45 000 ressortissants burkinabè vivent en Guinée.
À ce stade, aucune expulsion visant explicitement une nationalité n’a été officiellement annoncée par les autorités guinéennes, selon les éléments disponibles.
Ouagadougou appelle au calme et à la vigilance
Face à la circulation de nombreuses informations sur les réseaux sociaux, les autorités burkinabè ont appelé les populations au calme et à la retenue.
Elles invitent également les citoyens à faire preuve de vigilance face aux tentatives de manipulation et à la désinformation, tout en évitant les interprétations hâtives de la situation.
Le bilan exact des ressortissants arrivés à Bamako reste en cours de consolidation par les équipes diplomatiques sur le terrain.
En attendant, le gouvernement burkinabè entend poursuivre les démarches nécessaires pour assurer la prise en charge des personnes concernées et organiser leur retour dans leur pays d’origine.
Une opération d’urgence qui mobilise les autorités burkinabè, alors que la situation des travailleurs étrangers dans les zones aurifères guinéennes demeure au cœur des préoccupations.
GAKOGOE.TG, l’information au quotidien.








