Le Maroc franchit un cap historique dans son développement économique. Selon le dernier rapport de la Banque africaine de développement (BAD) sur l’Indice d’industrialisation en Afrique 2025 (Africa Industrialisation Index – AII), le Royaume s’impose désormais comme la première économie industrielle du continent africain, dépassant pour la première fois l’Afrique du Sud.
Présenté à Brazzaville en marge des Assemblées annuelles 2026 de la BAD, le rapport souligne la transformation profonde du tissu industriel marocain au cours des deux dernières décennies. L’institution panafricaine met en avant « une montée en gamme industrielle soutenue, une diversification des exportations et une politique industrielle vigoureuse » ayant permis au Royaume de consolider sa position de leader industriel africain.
Longtemps dominée par les phosphates et certaines activités manufacturières traditionnelles, l’économie industrielle marocaine repose aujourd’hui sur des secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’automobile, l’aéronautique, l’agro-industrie, les énergies renouvelables et les technologies industrielles avancées.
La BAD attribue cette progression à une stratégie industrielle de long terme, portée par d’importants investissements publics et privés, le développement de zones industrielles intégrées ainsi que la modernisation continue des infrastructures logistiques du pays. Le port Tanger Med, devenu le premier hub portuaire d’Afrique et de Méditerranée, illustre cette dynamique en renforçant l’intégration du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales.
Le rapport met également en lumière l’attractivité croissante du Royaume auprès des investisseurs internationaux. Selon la BAD, l’Afrique du Nord a capté 56 % des investissements industriels cumulés sur le continent entre 2020 et 2025, avec le Maroc et l’Égypte comme principaux moteurs régionaux.
Dans le secteur aéronautique notamment, le Maroc s’est progressivement imposé comme une plateforme industrielle stratégique. Des centaines d’entreprises internationales y produisent désormais des composants destinés aux grands constructeurs mondiaux, tandis que l’industrie automobile marocaine continue de renforcer sa compétitivité à l’export.
Toutefois, malgré cette performance industrielle remarquable, la BAD appelle à relever plusieurs défis structurels. L’institution souligne notamment les disparités sociales et territoriales persistantes entre les régions fortement industrialisées et les zones moins intégrées à cette dynamique économique.
Le rapport rappelle également que le Maroc, à l’image de plusieurs économies africaines en transformation, doit encore améliorer sa capacité à créer davantage d’emplois industriels durables afin d’accompagner sa croissance économique et réduire les inégalités sociales.
Plus largement, la BAD estime que cette évolution marque une recomposition progressive de la hiérarchie industrielle africaine, dans un contexte où plusieurs économies du continent accélèrent leur industrialisation et leur intégration dans les chaînes de production internationales.








