Près de deux mois après la capture de Nicolás Maduro lors d’une opération militaire américaine le 3 janvier 2026, le Venezuela amorce un tournant politique. La présidente par intérim Delcy Rodríguez a promulgué jeudi 20 février 2026 une loi d’amnistie destinée à permettre la libération de détenus politiques à travers le pays.
Le texte a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale avant d’être signé au palais présidentiel de Miraflores, à Caracas. « Il faut savoir demander pardon et il faut aussi savoir recevoir le pardon », a déclaré la cheffe de l’État par intérim, estimant que cette loi ouvre « de nouvelles voies pour la politique au Venezuela ».
Selon des organisations de défense des droits humains, plus de 600 personnes considérées comme détenus politiques seraient encore incarcérées. Devant plusieurs centres de détention, des proches dont certains campent sur place depuis l’annonce de possibles libérations le 8 janvier ont suivi avec attention les débats parlementaires sur leurs téléphones portables.
L’adoption du texte, après deux reports successifs, a suscité des applaudissements mêlés de soulagement. Pour beaucoup de familles, l’heure est davantage à l’espoir prudent qu’à la célébration.
La loi prévoit l’amnistie pour des faits qualifiés de politiques commis au cours des dernières années de crise. Toutefois, certaines infractions graves, notamment liées aux violences ou aux atteintes aux droits humains, resteraient exclues du champ d’application du texte.
Le gouvernement présente cette initiative comme un geste de réconciliation nationale dans un contexte de transition politique. De leur côté, plusieurs voix de l’opposition et de la société civile appellent à une mise en œuvre rapide et transparente afin que les libérations promises deviennent effectives dans les plus brefs délais.
Alors que le pays traverse une période charnière de son histoire contemporaine, cette loi d’amnistie apparaît comme un test majeur pour la crédibilité des nouvelles autorités et pour l’avenir du dialogue politique au Venezuela.








