La musique malienne est en deuil. Le flûtiste, compositeur et chef d’orchestre Boncana Maïga est décédé samedi à Bamako, à l’âge de 77 ans. Figure emblématique du courant afro-cubain au Mali, sa disparition marque la fin d’un chapitre majeur de l’histoire culturelle du pays.
Artiste visionnaire, Boncana Maïga aura consacré sa vie à bâtir un pont musical entre l’Afrique de l’Ouest et les Caraïbes. Son nom reste indissociable des Les Maravillas de Mali, formation mythique qu’il a dirigée après leur séjour historique à Cuba dans les années 1960. Ensemble, ils ont façonné un son unique, inspiré notamment par l’Orquesta Aragón, mêlant flûte, rythmes mandingues et sonorités cubaines.
En 2018 encore, lors d’un concert à l’hôtel de l’Amitié à Bamako, il proclamait avec fierté : « Boogaloo sera Mali ! » Ce refrain symbolique résumait son combat artistique : faire du Mali une terre d’expression et de rayonnement de la musique afro-cubaine.
Avec sa disparition, le Mali perd non seulement un musicien de talent, mais aussi un témoin d’une époque où la culture servait de diplomatie et d’affirmation identitaire. De Gao à La Havane, son parcours restera celui d’un pionnier.
Les hommages affluent déjà du monde culturel et politique. Pour beaucoup, Boncana Maïga ne fut pas seulement un artiste, mais une mémoire vivante de la coopération musicale entre Bamako et Cuba.
Son œuvre, elle, continuera de vibrer. Mais ce samedi 28 février, c’est toute une nation qui retient ses larmes.








