Les autorités de transition du Burkina Faso ont acté la suppression de l’ensemble des partis et formations politiques du pays. Cette décision, prise par décret dans le cadre de la nouvelle charte issue des Assises nationales de mai 2024, marque une rupture nette avec le pluralisme politique jusque-là maintenu, même de manière limitée.
Désormais dissous, les partis politiques cessent toute activité légale. Le texte prévoit également que l’intégralité de leur patrimoine notamment des biens immobiliers, équipements et ressources financières soit transférée à l’État. Cette mesure consacre la disparition de toute organisation politique autonome en dehors du cadre strictement défini par les autorités de transition.
Le président Ibrahim Traoré assume pleinement cette orientation. Rejetant le modèle démocratique classique, il affirme conduire une « révolution progressiste et populaire », justifiant ainsi la mise à l’écart des partis politiques, perçus comme des facteurs de division et d’instabilité.
Si les autorités estiment que cette suppression permettra de refonder l’État sur de nouvelles bases, de nombreux observateurs y voient une concentration accrue du pouvoir et s’inquiètent des conséquences sur les libertés publiques, la participation citoyenne et l’avenir de la vie politique au Burkina Faso.







