La quiétude dans la cité tricentenaire Gê-Glidji a été fortement perturbée ce jeudi 02 avril 2026. En cause, une note émise le 30 mars 2026 par le Prince Régent Aselo Atsè Kangni FOLLY-BEBE, désignant Nii MANTCHE comme Prêtre Koley appelé à se rendre dans la Forêt sacrée dans le cadre des préparatifs des rites Epé-Ekpé 2026.

Dès les premières heures de la matinée, des habitants, mécontents, ont pris d’assaut les artères menant au palais royal pour exprimer leur désapprobation. Les manifestants dénoncent une décision jugée contraire aux traditions et à l’histoire récente du canton.
Selon plusieurs voix au sein de la communauté, Nii MANTCHE, du vivant du feu souverain Gê Fiogâ Sédégbé FOLLY-BEBE XV, sanctionné et démis de toutes ses fonctions liées à la prise de la pierre sacrée, n’est plus digne de présider les rites de la prise sacrée en pays Gê. Sa réintégration aujourd’hui par le Prince Régent, Aselo Atsè Kangni FOLLY-BEBE, est perçue comme une provocation par une frange importante de la population.
Cette contestation s’inscrit dans un climat déjà tendu autour de la gestion de la régence. Dans une pétition rendue publique et signée par des fils et filles du canton de Glidji, les signataires dressent un bilan sévère de plus de deux années de régence de Son Altesse Prince FOLLY-BEBE Kangni Mathias.
Parmi les griefs évoqués figurent :
des résultats jugés chaotiques depuis le début de la régence en août 2023 ;
des divisions croissantes au sein des communautés ; des atteintes répétées aux pratiques, rites et coutumes ancestraux du peuple Gê ; et surtout, l’incapacité à procéder à l’intronisation d’un nouveau Gê Fiogâ dans les délais réglementaires, pourtant mission principale de la régence.
Les signataires accusent également le Prince Régent de manœuvrer contre les décisions du Conseil coutumier du canton de Glidji, qui aurait déjà transmis aux autorités compétentes la désignation du futur chef canton après les funérailles du souverain défunt.
Face à cette situation, les pétitionnaires se disent profondément préoccupés et déclarent que le Prince Régent est désormais « totalement disqualifié » pour conduire la mission qui lui a été confiée.
Ils exigent ainsi son remplacement immédiat par l’autorité compétente, proposant qu’un chef de quartier de Glidji soit désigné pour assurer la transition.
Celui-ci aurait pour mission prioritaire d’organiser, dans un délai de six à douze mois, l’intronisation du nouveau Gê Fiogâ.
Cette nouvelle crise met en lumière les profondes fractures qui traversent actuellement le trône de Glidji, et pose avec acuité la question de la préservation des us et coutumes dans un contexte de succession délicat.
En attendant une réaction officielle des autorités administratives et coutumières, la tension reste vive à Glidji.








